Huayna Potosi, l’ascension d’un 6000 autour de La Paz !

Panorama du Huayna Potosi depuis le campo Argentino
Enfants aidant leurs parents à vendre dans les rues de La Paz
Enfants aidant leurs parents à vendre dans les rues de La Paz

Envie d’en savoir davantage sur notre ascension du Huayna Potosi à proximité de la capitale de la Bolivie ?
Vous voulez savoir si l’ascension est difficile et si nous avons galéré à atteindre le sommet ? Lisez donc la suite pour en apprendre davantage !

Ce beau sommet à près de 6088 mètres d’altitude culmine sur les hauteurs de La Paz et on peut facilement le voir depuis la ville. Ce sommet peut être fait en 2 ou 3 jours selon la formule que vous choisirez auprès d’une agence. Nous ne saurions que vous conseiller d’opter pour la formule 3 jours. Surtout si vous n’avez pas ou peu d’expérience en cramponnage. Et encore plus certainement si vous n’êtes pas suffisamment acclimaté. On est parti avec l’agence High Camp Lodge. On a été ravi par l’encadrement et le guide. Un peu plus chère que d’autres agences mais aussi plus professionnelle.

Jour 1 : mise en confiance (ou pas) pour le jour de l’ascension

Le rendez-vous est fixé ce 15 juin à 9h à l’agence. On attend un Brésilien, Jorge,  qui sera notre acolyte durant cette expédition. Il vient de Sao Paulo et n’a pas vraiment d’expérience avec l’altitude et le froid. Une fois qu’il arrive,  nous prenons la route. On embarque au passage une paire de Chiliens et une Américaine qui feront de l’andinisme en solo.

En quittant La Paz,  on fait un arrêt à une pharmacie pour permettre aux gens d’acheter des pilules pour le mal de l’altitude (aussi appelé soroche en Amérique du Sud). On passe aussi par une épicerie pour prendre des provisions et du gaz nécessaire pour le voyage. Depuis La Paz,  il nous faut environ une heure pour rejoindre le camp de base où nous logerons à quelques 4800m d’altitude. Avant d’y arriver, nous longeons quelques lagunes dont une,  probablement polluée par des ions métalliques, présente des couleurs allant du rouge au bleu en passant par le violet.

On arrive au campo base du Huayna Potosi
On arrive au campo base du Huayna Potosi

Arrivée au camp de base du Huayna Potosi

Au refuge,  nous discutons avec quelques personnes qui viennent d’en terminer et qui repartent pour La Paz. On prend le déjeuner avant de s’équiper pour aller faire quelques exercices sur un glacier tout proche. Le guide, Ivan, qui nous accompagne durant ces trois jours, nous donne quelques explications sur le matériel et sur la manière de cramponner. Pour nous, et surtout pour Nico, ce n’est qu’un rappel et la mise en pratique se fait donc sans problème. Notre acolyte brésilien ne s’en sort pas trop mal pour une première expérience mais galère avec l’altitude, vraisemblablement, son acclimatation est insuffisante.

Pancarte à côté du camp de base
Pancarte à côté du camp de base

Une cascade de glace pour s’amuser !

Pour terminer les exercices,  le guide nous descend dans une crevasse où nous avons un petit mur de glace d’environ 7m un peu déversant à grimper. Nico, ayant déjà de l’expérience en cascade de glace,  s’en sort sans mal. Marine peine à faire le moindre mouvement et se fait finalement tracter jusqu’en haut. Notre ami brésilien s’en sort bien mais donne tout ce qu’il a pour y arriver. Il a ensuite bien du mal à récupérer. Il faut bien avouer que la cascade de glace c’est difficile. Le manque d’expérience, le côté déversant et les 4900m d’altitude n’aident d’ailleurs vraiment pas !

Equipés, on pose devant le sommet
Equipés, on pose devant le sommet
Vue depuis le campo base
Vue depuis le campo base
Vieux glacier où on fera nos exercices de cramponnage
Vieux glacier où on fera nos exercices de cramponnage
Exercices de cramponnage sur le vieux glacier
Exercices de cramponnage sur le vieux glacier
On s'amuse ! Cascade de glace à 4900m... c'est dur !
On s’amuse ! Cascade de glace à 4900m… c’est dur !
Fin de journée le premier jour, c'est beau !
Fin de journée le premier jour, c’est beau !

Après ces exercices, nous rentrons au refuge nous reposer afin de garantir une bonne acclimatation ! On prend le repas du soir puis on file dormir assez tôt.

Les 2 repas du 1er jour (midi et soir)
Les 2 repas du 1er jour (midi et soir)

Notre ami brésilien subit l’altitude et prend une pilule contre le soroche pour arriver à dormir. De notre côté, on dort plutôt bien compte tenu de l’altitude élevée. Il fait juste un peu froid en fin de nuit (près de 0° dans la pièce où on dort) !

Jour 2 : montée au refuge à 5130m

Pour le deuxième jour,  la journée est assez tranquille. Nous avons juste à monter au refuge du campo alto qui se situe à 5130m d’altitude. Pour s’y rendre depuis le refuge du camp de base, il suffit de rejoindre l’ancienne moraine sur la droite du glacier sur lequel on s’est amusé la veille. On poursuite la crête de la moraine jusqu’au poste de contrôle où nous nous acquittons du droit d’accès de 20 Bs. Après ça, la pente se raidit et le reste du chemin se fait sur de la glace. On monte sans crampons, certains passages sont un peu délicats mais cela passe partout. Il nous faut 2 grosses heures de marche vraiment tranquille pour rejoindre le refuge. Nous ne sommes effectivement pas pressés vu la petite étape du jour. Et de plus, il vaut mieux éviter les efforts inutiles pour garantir une bonne acclimatation !

Refuge (campo base) et repas du 2e jour avant d'entamer la montée
Refuge (campo base) et repas du 2e jour avant d’entamer la montée
C'est parti pour la montée au 2e refuge
C’est parti pour la montée au 2e refuge
Montée au refuge Campo Alto
Montée au refuge Campo Alto

En route, à peine 500m après avoir quitté le camp de base, notre Brésilien jette l’éponge. Il a mal dormi et n’est ni habitué au froid, ni à la neige et encore moins à l’altitude et ne se sent ainsi pas de taille pour continuer. On récupère par contre un deuxième guide et un Anglais qui vient faire le sommet en deux jours. Il a déjà fait deux jours plus tôt le Pequeño Alpamayo qui culmine aux environs de 5400-5500m, il est donc un peu acclimaté. Pour l’ascension, il montera seul avec le deuxième guide tandis que nous serons à deux avec Ivan.

Nuit décalée et de piètre qualité

Le soir, on prend le dîner vers 17h-17h30 et on se met au lit rapidement, après avoir discuté avec nos compagnons d’aventures venus avec d’autres agences – notamment deux Françaises de Haute-Savoie. Il est 18h30 lorsqu’on se couche. Le guide nous dit que nous devons absolument essayer de dormir 2-3h minimum car sinon demain ça va être difficile. On essaie tant bien que mal de s’y tenir. Mais en allant dormir si tôt,  le sommeil a cependant du mal à arriver. D’autant qu’il y a du vent et que la toiture en tôle fait pas mal de bruit. L’altitude et le froid n’aident pas et le réveil à 23h45-minuit n’aide pas davantage !

Refuge Campo Alto à 5130 m
Refuge Campo Alto à 5130 m
Intérieur du Campo Alto et vues avant d'aller dormir
Intérieur du Campo Alto et vues avant d’aller dormir

Jour 3 : Huayna Potosi, l’ascension est-elle difficile ?

Au total,  nous sommes 7 personnes à tenter l’ascension. La veille,  ils étaient onze et seulement quatre sont allés au sommet ! On est la première cordée à démarrer,  il est 1h25. On est rapidement doublé par l’Anglais et l’autre guide puisque nous adoptons un rythme de marche plus lent. Durant toute la montée, on n’a aucune certitude sur la possibilité d’arriver en haut. Un mal d’altitude ou un autre problème peut à tout moment compromettre la tentative. Chaque mètre parcouru est ainsi une petite victoire et il faudra attendre le sommet pour être certain de notre succès.

Jour J, dure montée et jolie vue sur El Alto (La Paz)
Jour J, dure montée et jolie vue sur El Alto (La Paz)

On arrive assez vite au lieu appelé le campo Argentino situé à quelques 5500m d’altitude. Il est a priori possible d’y camper mais il y fait plus froid. On y dort aussi moins bien à cause de l’altitude plus élevée et l’endroit est entouré de crevasses ! Apparemment,  des gens seraient morts là en allant pisser la nuit !

Passage de la rimaye

De là, on poursuit dans une vallée glaciaire en cuvette au bout de laquelle, on franchit une rimaye assez raide sur la droite. Il faut s’aider du piolet pour passer et on y laisse donc quelques forces. Nous voilà désormais à 5700m. On s’arrête pour boire et grignoter. Avec l’altitude et l’heure matinale, nous n’avons pas faim et le guide non plus mais on se force à avaler quelque chose. C’est écœurant mais ça nous fera un peu d’énergie bien utile pour la suite. De là, on reprend les bâtons pour de la rando glaciaire jusqu’à l’arête sommitale qui est le deuxième passage délicat de cette ascension.

A un moment, le guide nous fait stresser en disant que le rythme est un peu lent et que ça n’est pas garanti qu’on arrive au sommet… Afin d’accélérer le mouvement, Nico aide un peu Marine en la poussant pour avancer plus vite. En chemin, on croise un Français qui monte également et qui a juste envie de dormir. Il se couche d’ailleurs un moment dans la neige pour se reposer.

Et voilà le sommet !

On arrive finalement sous l’arête autour des 6000m un peu avant le lever du soleil. On laisse alors les bâtons qu’on remplace par le piolet pour cette dernière partie plus technique. Un petit mur de neige gelée de 5-6m avec des marches imprécises doit être franchi pour rejoindre la crête. Ensuite, il reste 15-20 minutes de marche sur une arête de neige étroite et vertigineuse. Pour ceux qui connaissent, cela rappelle l’arête de l’Aiguille du Midi à Chamonix. Le chemin est un rien moins raide mais à gauche il doit y avoir pas loin de 100-300m de vide. Et à droite, on a probablement entre 500 et 1000m selon les endroits. De plus, plusieurs passages sont vraiment très étroits. Avec les grosses chaussures que nous avons, il est impossible de mettre les deux pieds l’un à côté de l’autre !

Levé de soleil à l'approche du sommet et l'arête sommitale !
Levé de soleil à l’approche du sommet et l’arête sommitale !

On arrive finalement au sommet vers 6h45-50 soit après 5h20 de montée. La joie est immense et on se félicite tous. La vue est splendide ! On ne s’éternise malheureusement pas car il faut redescendre rapidement pour éviter le dégel de la neige et les risques qui y sont liés. De toute façon, le froid nous gagne et ne nous incite pas à rester ! On immortalise le moment avec quelques photos puis on reprend notre route.

Au sommet du Huayna Potosi
Au sommet du Huayna Potosi
Vues du sommet du Huayna Potosi
Vues du sommet du Huayna Potosi

Et on redescend !

On ne traîne pas pour l’arête car si ça dégèle,  cela peut devenir vraiment dangereux ! Le guide nous presse ensuite le pas et Nico, en tête dans la descente, imprime un rythme rapide. Il nous faudra ainsi seulement 1h20 pour rentrer au campo alto ! Il est 8h20 quand on y arrive. Avec notre bon entraînement des dernières semaines, une  ascension de 950m de dénivelé en montée puis en descente est loin d’être un effort insurmontable. Nous arrivons cependant épuisés au refuge ! Le manque d’oxygène à cette altitude ne permet apparemment pas un fonctionnement optimal des muscles, du système digestif et du corps dans son ensemble. Le lendemain, on aura d’ailleurs des courbatures inattendues !

Neige et crevasses dans la descente du Huayna Potosi
Neige et crevasses dans la descente du Huayna Potosi
Neige, soleil et crevasses vue dans la descente
Neige, soleil et crevasses vue dans la descente
Descente vers le campo alto
Descente vers le campo alto
Vue sur le Huayna Potosi en descendant
Vue sur le Huayna Potosi en descendant

Nous célébrons notre succès

7h de marche mais aucune sensation de faim

Au refuge, une soupe nous attend. Normalement, après 7h de marche, on a grand appétit. Ici, on est obligé de se forcer pour avaler quelque chose et reprendre des forces. On alterne les bouchées de cake et les cuillères de soupe pour ne pas être trop écœuré.

Descente vers le camp de base
Descente vers le camp de base

Le gardien qui souhaite nettoyer avant l’arrivée des suivants nous chasse quelque peu du refuge. On fait une photo avec l’Anglais,  l’Allemand et deux Françaises d’Annecy et de Thonon-les-Bains qui sont comme nous arrivés au sommet. Le dernier larron qui a atteint également le sommet étant dans un autre refuge, il ne participe pas à la photo. Pour la descente vers le camp de base, contrairement à la veille, on met les crampons. Cela passe donc beaucoup plus facilement ! On arrive finalement au camp de base vers 11h. Puis, après avoir rendu le matériel on prend la route pour La Paz où on arrive à l’agence un peu avant 13h30. On y récupère notre t-shirt Huayna Potosi, on réarrange nos sacs puis on file pour prendre le bus pour Copacabana de 14h. En route pour l’Isla del Sol !

Retour au lac Titicaca

Après le Huayna Potosi de ce matin,  on est ainsi obligé de marcher d’un pas forcé avec nos 25kg sur le dos jusqu’au terminal des bus ! Au terminal, on arrive alors que le bus est déjà sur le point de partir et la dame qui nous vend les billets nous presse encore davantage ! On en a ensuite pour 4h de route pour rejoindre notre destination en reprenant en sens inverse le chemin pris quelques jours plus tôt avec Amélie et Philippe. On repasse ainsi par le fameux détroit de Tiquina profond de quelques 280m !

Passage en barque sur le lac Titicaca à San Pedro de Tiquina
Passage en barque sur le lac Titicaca à San Pedro de Tiquina

Arrivés à Copacabana, le bus s’arrête devant l’hôtel Mirador qui propose une promo pour les gens du bus. On y pose donc nos valises. Le prix est identique aux hôtels qu’on avait repérés et ça nous évite d’encore marcher !