Laguna 69, lagune bleue turquoise dans la Cordillère Blanche au Pérou

panorama de la Laguna 69 et du Chacraraju

Après notre acclimatation de la veille au glacier Pastoruri qui culmine à plus de 5000m, nous avons prévu d’aller grimper jusqu’à la Laguna 69. Elle se trouve au pied du Chacraraju (6112m) et du Pisco (5765m) dans la Cordillère Blanche.

Cette lagune est une des principales attractions autour de Huaraz, il semblait donc essentiel qu’on aille y faire un tour. L’acclimatation de la veille n’était pas inutile puisque la lagune culmine à 4600m !

Trajet, petit déjeuner et poste de contrôle

Pour ne pas trop s’ennuyer à prendre 2 colectivos pour aller jusqu’au départ de la randonnée, on préfère passer par une agence. La différence de prix n’est pas énorme et ça évite de devoir s’inquiéter pour le retour. Le départ est pour le moins matinal car le bus de l’agence passe récupérer chaque randonneur à son hôtel. Ainsi, on est prêt à décoller de l’hôtel vers 6h du matin !

Le trajet est assez long puisqu’on en a pour une petite heure pour parcourir la route jusque Yungay avant de bifurquer vers la droite. Ensuite, on commence l’ascension sur une route de terre qui ne permet pas une vitesse importante. On profitera une nouvelle fois de cette route magnifique lors de notre trek du Santa Cruz quelques jours plus tard.

Cette route chaotique oblige Nicolas à faire arrêter le bus pour satisfaire à un besoin naturel. Secousses et vessie pleine ne font pas bon ménage. Désolé pour les autres passagers ! Un peu plus loin dans la montée, on s’arrête dans une propriété en bord de route où on prend le petit déjeuner. Les prix ne sont pas les plus intéressants. Mais au moins on aura quelque chose dans le ventre pour venir à bout de cette belle randonnée.

Il est environ 8h lorsqu’on se pose pour manger. Une fois tout le monde rassasié, on repart et on arrive rapidement au poste de contrôle à l’entrée du parc. A ce poste, nous atteignons l’altitude de 3475m. Contrairement à la veille, on peut cette fois s’acheter un pass 21 jours pour profiter du parc sans trop se ruiner.

Panneau au poste de contrôle à l'entrée du parc du Huascaran
Panneau au poste de contrôle à l’entrée du parc du Huascaran

Quebrada Llanganuco et ses belles lagunes

On reprend la route, et on rentre enfin dans la très belle Quebrada Llanganuco. Vingt minutes après l’entrée du parc, on marque un arrêt photo indispensable à côté de la laguna Chinancocha. Depuis le bord de cette lagune, on distingue le sommet du Huascaran qui est le plus haut sommet de cette Cordillère Blanche (6664m pour le sommet nord et 6768m pour le sommet sud). Le temps pour chacun d’immortaliser l’endroit et on repart pour un dernier bout de route en car.

Pose photo à la Laguna Chinancocha et vue sur le sommet nord du Huascaran
Pose photo à la Laguna Chinancocha et vue sur le sommet nord du Huascaran

On laisse la première lagune et on passe devant la laguna Orgoncocha puis devant 2-3 maisons. On s’arrête ensuite définitivement. Juste à l’entame de la montée du col Portachuelo de Llanganuco (4750m) par lequel nous passerons quelques jours plus tard pour rejoindre le démarrage du trek du Santa Cruz à Vaqueria.

Randonnée vers une lagune entourée de sommets enneigés

Il est 9h30 lorsqu’on quitte le bus et qu’on commence enfin à marcher. Il nous aura fallu plus de 3h, pauses comprises, pour arriver jusque là. Le départ de la randonnée se situe à environ 3900m d’altitude. Comme on avait légèrement commencé à monter avec le car, on débute par une descente d’une petite centaine de mètres de dénivelé. Cela nous permet de rejoindre le fond de vallée où coule le rio Ranrahirca. Là, un chemin part sur la gauche en franchissant le rio en direction du camp de base pour l’ascension du Pisco. Nous continuons, pour notre part, sur la rive gauche du rio que nous remontons jusqu’au fond de la vallée. Après 3km de faux plat montant, les choses sérieuses commencent !

Départ de la randonnée vers la Laguna 69
Départ de la randonnée vers la Laguna 69

Le chemin monte vers la droite depuis le fond de la vallée. Il nous offre une superbe vue sur une belle cascade sur la gauche avec en fond le fameux Chacraraju.

La première ascension connue du Chacraraju a été réalisée par le non moins célèbre Lionel Terray en 1956 ! La première ascension par la face sud (que l’on voit depuis la vallée et depuis la Laguna 69) a été réalisée par René Desmaison, Christophe Profit et Sylviane Tavernier en 1987.

Cascades et torrent dans le fond de la vallée du Rio Ranrahirca
Cascades et torrent dans le fond de la vallée du Rio Ranrahirca
Début de la montée vers la Laguna 69 et vue sur le fond de la vallée du Rio Ranrahirca
Début de la montée vers la Laguna 69 et vue sur le fond de la vallée du Rio Ranrahirca

On poursuit le chemin durant 2 petits kilomètres en longeant le fond de vallée vers la gauche. Puis on arrive sur une zone relativement plate et pas mal humide avec une petite lagune sur la droite. Cette zone se situe un peu en dessous de 4400m d’altitude.

Replat avant d'entamer le raidillon vers la Laguna 69
Replat avant d’entamer le raidillon vers la Laguna 69

Nous marchons environ 1km sur cette étendue sans prendre trop de dénivelé. Ensuite, on a droit à un dernier raidillon avec une pente moyenne d’environ 20% entre 4400m et 4550m de dénivelé. Même si la pente n’a rien d’extraordinaire, autant dire qu’avec l’altitude, le pas est plutôt lent. On se réjouit quand on voit apparaitre le dernier faux plat montant qui nous mène sur les 300 derniers mètres jusqu’à la Laguna 69. Un magnifique panorama s’offre alors à nous sur la Laguna 69 d’un splendide bleu turquoise avec le Chacraraju et le Pisco en toile de fond pour exalter ce paysage.

Chacraraju et Laguna 69
Chacraraju et Laguna 69
Nevada Yanapaccha et cairn devant les nuages
Nevada Yanapaccha et cairn devant les nuages
Chacraraju et son sommet Ouest qui culmine à 6112m
Chacraraju et son sommet Ouest qui culmine à 6112m

En fonction de la vitesse de marche les gens de notre groupe arriverons entre 11h40 et 13h00, soit après entre 2h10 et 3h30 de montée. Profitant d’être un peu en avance, Nicolas poursuit un peu la montée, jusque 4700-4800m, sur la moraine en rive gauche du lac sous la face sud du Chacraraju. La vue sur le lac, le Pisco, l’impressionnante face sud et le reste de la vallée est magnifique.

Le bleu turquoise de cette lagune dénote dans ce paysage avec les dégradés de blancs et de gris
Le bleu turquoise de cette lagune dénote dans ce paysage avec les dégradés de blancs et de gris

On se pose ensuite au bord du lac pour déjeuner et prendre des photos de ce cadre idyllique.

On immortalise notre passage à la Laguna 69
On immortalise notre passage à la Laguna 69
Matmutt aussi profite de ce superbe paysage
Matmutt aussi profite de ce superbe paysage
Quelques fleurs à proximité de la Laguna 69
Quelques fleurs à proximité de la Laguna 69
D'autres fleurs autour de 4600m d'altitude
D’autres fleurs autour de 4600m d’altitude

C’est parti pour la descente

Vers 13h30, il est temps de repartir car la descente et la route est longue. Dans la descente, on croise pas mal de vaches qui étaient assez discrètes alors que nous montions. Certaines ne se gênent pas, en se mettant en plein milieu du chemin. Ce qui nous oblige à devoir les contourner. Le temps devient un peu menaçant et dans le fond de la vallée, une petite bruine fine se fait sentir. Heureusement, ça ne s’intensifiera pas. Il nous faut entre 1h40 et 2h30 pour revenir au point de départ où les cars nous attendent.

Descente après s'être bien rincé les yeux à la Laguna 69
Descente après s’être bien rincé les yeux à la Laguna 69
Une vache devant la montagne
Une vache devant la montagne
Magnifique arbre dans le fond de la vallée du Rio Ranrahirca
Magnifique arbre dans le fond de la vallée du Rio Ranrahirca

Le frère de Marine pourtant peu habitué à la rando ne s’en sort pas si mal. Contrairement à un groupe de 4 filles israéliennes qui en font voir de toutes les couleurs à notre accompagnateur. Elles ont prévu de faire le trek de 10 jours dans la cordillère Huayhuash. Vu comme elles semblent galérer ici, ça n’est pas bon signe pour elles.

Des beaux petits veaux, leurs mamans et une vache au milieu du chemin !
Des beaux petits veaux, leurs mamans et une vache au milieu du chemin !
Cette vallée ressemble étrangement à une vallée glacière vous ne trouvez pas ? Et notre bus qui nous attend sagement
Cette vallée ressemble étrangement à une vallée glacière vous ne trouvez pas ? Et notre bus qui nous attend sagement

Retour au bercail et camion dans le fossé

Il est environ 16h lorsque nous repartons avec le car. Le trajet sera heureusement plus rapide qu’à l’aller puisque nous ne ferons aucune pause. Dans la descente, après une heure de route environ, on passe à côté d’un camion qui a versé avec toute sa cargaison dans le fossé en bord de route. Tout le village semble présent pour aider à récupérer le contenu en attendant de pouvoir sortir le camion. Il nous faut ensuite encore une grosse heure de route pour parvenir à Huaraz. Cette fois, le car ne repasse plus par tous les hôtels et on est donc déposé en centre-ville.

Camion tombé dans le ravin
Camion tombé dans le ravin

Le cuy, spécialité culinaire péruvienne

On rentre alors à l’hôtel pour se poser un peu et pour se préparer avant d’aller dîner. Ce soir, nous avons prévu de faire découvrir à Florian un grand classique de la cuisine péruvienne. Il va donc avoir la chance de déguster un cuy (qui n’est autre qu’un cochon d’inde en français). Il est 21h lorsqu’on déguste enfin ce repas bien mérité après cette superbe et longue journée dans la cordillère Blanche.

Repas du soir : Cuy al horno et pizza
Repas du soir : Cuy al horno et pizza