Les voitures hybrides : pour ou contre ?

Voiture hybride photo pixabay

Cela fait maintenant un an jour pour jour (le 8 février) que je roule en Toyota Auris Hybrid. Les voitures hybrides, tout comme les voitures électriques, on en parle beaucoup de nos jours mais ce ne sont pas les voitures que l’on voit le plus dans les rues. Vous vous posez sans doute des questions sur ces modèles et vous avez sans doute envie d’avoir des retours d’expérience. Vous en trouverez un ci-dessous.

Quelques chiffres

Pour vous donner une idée, en 2011, selon les chiffres du SPF mobilité, il y a eu 6073 immatriculations de voitures hybrides neuves, soit 1,05% des immatriculations en Belgique pour cette année 2011 (total de 577 382).
Les graphiques ci-dessous représentent l’évolution des immatriculations entre 2005 et 2011. Ainsi, le nombre de voitures hybrides est vraiment faible par rapport
aux motorisations classiques essence et diesel. Néanmoins, sur le second graphique, on peut voir une augmentation importante des parts de marché des voitures hybrides.

immatriculations selon type de motorisation
Immatriculations selon type de motorisation

 

Sur le premier graphique, j’ai volontairement omis d’afficher les données pour les voitures au gaz, au LPG et électrique étant donné le nombre anecdotique d’immatriculations de ce type (moins de 0,1%).

Immatriculations hybrides en 2011
Immatriculations hybrides en 2011

Rappels techniques

Afin que vous sachiez en quoi consiste une motorisation hybride, je vais vous faire une brève explication.
Le principe de la motorisation hybride est de combiner deux sources d’énergie différentes pour faire avancer la voiture. Dans la plupart des cas, il s’agira d’un moteur utilisant un carburant fossile (généralement essence ou diesel, mais ça peut aussi être du gaz ou de l’hydrogène par exemple) combiné à un moteur électrique.

Il existe deux grands types d’hybridation :

  • L’hybride « parallèle » qui fonctionne sur l’alternance ou l’association des deux moteurs. C’est ce type d’hybridation qui équipe l’Auris Hybrid.
  • L’hybride « série » implique que le véhicule avance uniquement grâce au moteur électrique et que le moteur thermique est utilisé pour recharger les batteries du moteur électrique.

L’intérêt de l’hybridation est de réduire la consommation en carburant fossile et donc en CO2. En effet, le moteur thermique ne fonctionne pratiquement que dans les régimes où le rendement est le plus favorable. A faible vitesse, le moteur électrique est privilégié pour propulser la voiture ce qui permet en plus une réduction du bruit et de la pollution dans les agglomérations.

Au niveau des inconvénients, on notera surtout :

  • La double motorisation induit une surcharge pondérale qui pénalise l’autonomie et les performances
  • Le coût relativement plus élevé qu’une motorisation classique.
  • L’usage de batteries qui induit une consommation importante d’énergie pour leur fabrication et dont le recyclage complet n’est pas garanti après usage.

L’Auris Hybrid : en théorie

L’Auris Hybrid est équipée d’un moteur essence 1,8 litre travaillant de concert avec deux moteurs électriques.
Au niveau des caractéristiques techniques et pour les adeptes de ce genre d’informations, celles du modèle avec lequel je roule sont :

  • Moteur essence 1,8L (couple maximum 142Nm à 4000t/min)
  • Moteur électrique synchrone à aimant permanent – 650V
  • Puissance combinée : 136ch (100kW)
  • 0 à 100km/h en 11,4 secondes
  • Consommation : 4,0L/100km
  • Émissions de CO2 : 93gr/km
  • Norme de dépollution : Euro V
  • Boîte de vitesse : automatique
  • Poids à vide : 1420 kg

Pour cette voiture, il y a 3 modes de conduite :

  • EV : qui est le mode full électrique. Ce mode est utilisable uniquement en dessous de 50km/h, il faut bien entendu que la batterie soit chargée et pas trop froide. L’autonomie en full électrique n’est que de 2km. Et dans ce mode il ne faut pas faire d’accélérations brusques. Autrement dit, son usage est très réduit voir quasi inutile.
  • ECO : le mode ECO est le mode que j’utilise en permanence. Ce mode gère de manière automatique les 2 motorisations afin d’optimiser la conduite et de réduire la consommation et les émissions de CO2.
  • POWER : le mode POWER est relativement identique au mode ECO pour ce qui est du fonctionnement des moteurs. Cependant la pédale d’accélération étant beaucoup plus réactive, la conduite en devient plus sportive et la consommation de la voiture est donc plus importante.

L’Auris Hybrid : en pratique

En bon ingénieur que je suis, j’aime bien les chiffres. J’ai donc noté les informations liées à mon utilisation de carburant tout au long de l’année. Le premier plein a eu lieu le 8 février 2011 et le dernier le 4 février 2012. Au total, 34 pleins sur l’année pour un total de 1020,18 litres d’essence. Ce qui représente un plein moyen de 30,01 litres (la capacité théorique du réservoir est de 40 litres).

Le nombre de kilomètres parcourus était au 4 février 2012 de 17 158 km. Cela représente une distance moyenne parcourue par plein de 504,65 km. Si l’on se base sur les émissions de CO2
annoncées à 93gr/km, j’atteins sur une année complète 1595,69kg de CO2 émis en utilisant cette voiture. Soit une moyenne de 4,37kg par jour pour 47,01km parcourus.

La consommation moyenne sur l’année est de 5,95 L / 100km soit 1,95L en plus qu’annoncé par le fabricant. Et pourtant j’ai une conduite très souple et je suis généralement à 110km/h sur l’autoroute. Cette consommation plus importante qu’annoncée est en partie due aux nombreux petits trajets réalisés qui ne permettent pas un usage optimum des moteurs. Cependant ça n’est pas la seule explication. Car même pour un plein complètement utilisé sur autoroute, j’atteins seulement 4,99L/100km de consommation moyenne. Par ailleurs, la consommation moyenne affichée au tableau de bord est inférieur de 0,32L/100km par rapport à la consommation calculée à la pompe.

Les voitures hybrides, bon investissement ou pas ?

voiture hybride, i love it ?Concernant les voitures hybrides, l’argument premier pour inciter les gens à s’y intéresser est l’impact environnemental réduit. Personnellement, ce n’est certainement pas l’argument que j’emploierais. On peut effectivement supposer que les émissions de CO2 sont plus faibles grâce à l’emploi d’une motorisation électrique pour assister le moteur thermique. Il est cependant difficile d’estimer le gain réel apporté par l’ajout de ce moteur. Déjà rien que le poids des batteries a forcément un impact sur la consommation. De plus, l’impact environnemental de la construction, de l’utilisation et du recyclage des batteries n’est pas simple à déterminer avec précision. Et il est difficile de savoir exactement si la pollution réduite à l’usage (moins de CO2 notamment) compense le surplus de pollution lié aux batteries. D’autant que les deux types de pollutions ont des impacts différents sur l’environnement et la santé humaine.

Le silence, un avantage de l’électrique

Un argument que j’utiliserais par contre pour vanter les mérites de ce genre de motorisation est que lorsqu’on roule à l’électrique c’est un plaisir d’avancer sans bruit (les seuls bruits sont alors des bruits de roulement). La voiture ne fait alors guère plus de bruit qu’un vélo. La première fois qu’on démarre la voiture, l’absence de bruit est un sentiment assez étrange. On n’y est pas vraiment habitué avec les voitures à moteur thermique unique. La crainte souvent soulevée que les piétons n’entendraient pas la voiture est assez infondée. En effet, sur un an, jamais je n’ai eu de piétons qui ne m’avaient pas vu/entendu arriver.

Boîte automatique, le confort et la sécurité

Pour l’Auris Hybrid en particulier, un argument positif également est le fait d’être en boîte de vitesse automatique. Ceci permet à mon sens une plus grande sécurité lors de la conduite. En effet, on change principalement de vitesse dans des endroits (carrefours, tournants, embouteillages, circulation en ville, …) où il convient d’être particulièrement attentif à la circulation et d’avoir les deux mains sur le volant. De toute façon, une boîte manuelle permettrait plus difficilement une bonne gestion des 2 types de moteurs.

Réservoir limité et bruit élevé du moteur thermique

Un petit bémol est la faible capacité du réservoir (40L) qui permet difficilement de faire plus de 650km avec un plein. Cette voiture est donc plutôt dédiée à une utilisation urbaine ou semi-urbaine.

Le bruit du moteur thermique lorsqu’on monte dans les tours/minute n’est pas très agréable. Mais, de ce fait, il incite à rouler plus souplement. C’est donc plutôt une bonne chose pour l’environnement et pour votre sécurité.

L’hybride n’aime pas le froid ?

Concernant l’hybridation, je remarque une consommation d’essence par 100km supérieure en hiver de l’ordre de 0,5 à 1 litres. Il faudrait voir si l’an prochain le constat est identique. Mais, ça laisse à penser que le système électrique et notamment les batteries n’aiment pas le froid. N’ayant pas de garage, la voiture est en permanence à l’extérieur et subit les affres du climat toute l’année.

Conclusion

Pour terminer cet article, je dirais que les avantages que procure l’hybridation ne sont pas flagrants. Il est difficile d’avoir une idée si l’usage de ce genre de voiture est moins mauvais pour l’environnement qu’une voiture à simple motorisation thermique. Cependant, cette voiture incite à une conduite souple et donc moins polluante. En ce sens, c’est bénéfique pour l’environnement. Par ailleurs, lorsqu’on roule en mode électrique, il y a une réduction du bruit ce qui est plutôt positif.


Photo de couverture et photo de l’article : Pixabay.com